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* Administrateur de Religions pour la Paix
Recteur honoraire de l’I.C.  de Toulouse
Professeur à l’Institut Catholique de Paris

 

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                                                                                                                                                                par Rémy Hebding

                                                                                                                                                               mars 2012

Martin Luther a vécu une enfance rude dans un milieu familial peu propice à la compassion et à l'épanchement des sentiments. Il ne reniera pas pour autant ses origines paysannes, faisant de lui un être proche des choses et des êtres. Cette entrée dans l'existence marquée par la dureté des mœurs ne sera pas pour rien dans la vision d'un Dieu juge et sévère.


C'est la période de la prospérité des villes marchandes et du déclin de la féodalité. Le père de Martin connaît alors une ascension sociale rapide. Issu d'une lignée de paysans appauvris, il bénéficie de l'émergence d'une nouvelle classe sociale – la bourgeoisie – et devient administrateur des comptes communaux. Cela lui permet d'envisager pour son fils une carrière de juriste. Mais celui-ci est hanté par une seule question : "Comment puis-je être sauvé ?" Elle ne cessera pas de le poursuivre, jusqu'à le mener à déjouer les ambitions de son père pour lui-même et d'envisager de se faire moine. Car il y va de son existence. Martin recherche avant tout la paix intérieure. Mais il lui semble qu'elle est inaccessible, ou réservée à quelques uns seulement.


En 1505, il entre au couvent des Ermites de St Augustin, à Erfurt. Il découvre la rigueur de la vie monastique. Mais cela correspond à ses recherches de mortification afin de satisfaire un Dieu exigeant et ainsi mériter sa grâce. Quelques années plus tard, il dira :

"J'étais un moine pieux, attaché à mon Ordre, tellement que j'ose dire que si jamais un moine est entré au ciel par sa moinerie, j'y puis entrer aussi".


Luther connait donc un drame intérieur, dont le dénouement se fera après une méditation attentive de la Bible. Et plus particulièrement de Romains 1, 17 : "Le juste vivra par la foi". Avant, dit-il, "je haïssais ce terme de justice de Dieu". Il le renvoyait à la notion commune du Dieu juste et vengeur. Un Dieu craint et respecté mais pas un Dieu qui sauve et libère un moine de ses tourments. Comme le dit frère Martin, "enfin Dieu me prit en pitié". Je commençais à comprendre que la justice de Dieu signifie ici la justice que Dieu donne et par laquelle le juste vit s'il a la foi". En comprenant le sens de cette justice offerte et non acquise, Luther se sent renaître. "Ce passage de Saint Paul devint pour moi la porte du Paradis". En Jésus-Christ, Dieu nous fait justes. La croix, jadis signe de malédiction, nous permet une rencontre décisive avec celui qui nous délivre de tout désespoir.


Luther se sent libéré de l'inquiétude de ne pas être digne d'être aimé de Dieu. Il comprend toute l'importance de cette découverte déjà présente chez Saint Augustin. Le petit moine pieux est délivré du souci obsessionnel d'avoir à se justifier; d'avoir à tenir l'impossible registre des actions bonnes afin de mériter la grâce divine. Désormais, il comprend, avec tout son être, la signification du mot "justice" selon l'Evangile. Ce sera pour lui la Découverte inouïe qui orientera d'une manière nouvelle toute son existence.

En conséquence, Luther considère l'Evangile de la grâce de Dieu comme étant le vrai trésor de l'Eglise et non pas un quelconque pouvoir magique dont le pape et les prêtres seraient les dépositaires. Pour lui, seule l'Ecriture est garante de la fidélité à l'autorité du Christ. Elle seule permet de se conformer au message évangélique. Car la Parole est libératrice et fondatrice. Luther l'a vécu et expérimenté d'une manière intime et personnelle. Il est libre désormais, face à Dieu, face à lui-même et face au prochain. Il l'exprimer ainsi, dans La liberté du chrétien : "Vois, c'est ainsi que de la foi jaillit l'amour et la joie en Dieu, et de l'amour une vie libre, voulue, joyeuse, passée à servir gratuitement le prochain."


Rémy Hebding,

auteur de

Pour comprendre la pensée de Martin Luther, Olivétan 2011

 
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