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- Déclaration des Responsables de culte en France, sur le climat.

 

- Archives : 9e Assemblée mondiale de Religions pour la Paix - Déclaration finale : "Accueillir l'autre."

 

- Texte de la Conférence de Mgr André DUPLEIX* : "L'Art, comme déchiffrage du mystère de l'humanité" .

* Administrateur de Religions pour la Paix
Recteur honoraire de l’I.C.  de Toulouse
Professeur à l’Institut Catholique de Paris

 

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11 novembre 2019 Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Comme nous le faisons chaque année, nous nous sommes réunis le 11 novembre 2019 dans la Mairie de Cergy Village, pour réfléchir, entre personnes de différentes convictions et devant une assistance nombreuse, sur le thème choisi :

« Comment aujourd’hui, ici et maintenant, nos religions contribuent à construire un climat de paix ? » 

 

Le déroulement est le suivant :

Chaque responsable religieux ou responsable de communauté s'exprime sur le thème :



Le Rabbin Mendel Dawidowicz pour le Judaïsme ,

Le Père Jean Marc Pimpaneau, curé de Cergy, pour les Catholiques,

Le Président de la Fédération musulmane de Cergy, Noureddine Chafaï, et l'Imam Dahmane Yellès pour l'Islam.

M. Dominique Davoise, pour les Protestants Unis. En son absence, texte lu par Marc C.

Mme Isabelle Vincendon, pour le Bouddhisme.

 

Nous terminons comme chaque année par la Prière pour la République française, lue tous les samedis dans toutes les Synagogues, en français, pour que tous puissent comprendre. Toutes les personnes de la salle se lèvent à la lecture de cette prière. 

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1- Texte de Dominique Davoise.

 « Comment aujourd’hui, ici et maintenant, nos religions contribuent à construire un climat de paix ? » ou encore, comme peuvent le penser des agnostiques : « Comment aujourd’hui, ici et maintenant, construire un climat de paix malgré nos religions ? ».


C’est un sujet important car nous traversons une période où nous devons, au delà de préoccupations politiques, accorder plus d’importance à ce qui nous unit qu’à ce qui nous divise… et c’est l’éternelle question de notre acceptation de la différence qui est de nouveau de la partie.


Dans la devise républicaine l’une des trois composantes est la fraternité.

Pour un chrétien (ce qui ne veut pas dire pour un chrétien seulement), c’est indiscutablement un commandement de la loi républicaine et de la loi divine.


D’autres personnes sont embarquées sur le même bateau (le grand bateau de la nation, le grand bateau de l’humanité) et nous leur devons de respecter un lien fraternel… construire avec et non pas contre eux. Elles ne nous ressemblent pas, elles ne partagent pas nos croyances, elles ne s’habillent pas comme nous (je sais que sur ce point le sujet est brûlant !) mais connaissez-vous une famille, même dans les plus fusionnelles, où ce genre de détails ne paraît pas dans les grandes réunions familiales ou les repas de famille …


La fraternité n’est possible qu’en acceptant le principe : on ne choisit pas sa famille ! Elle s’impose à nous.


La fraternité dans le monde du Livre tient dans cette réponse de Caïn à l’Éternel1 : « Suis-je responsable de mon frère ? » Bien sûr que oui !


Même s’il est mon ennemi ? Bien sûr que oui ! On m’a dit que dans le Talmud, (mais je vais avoir besoin du rabbin Mendel pour confirmer mes approximations) quand l’armée de Pharaon se noyait, un des fugitifs dit à Moïse : « il doit y avoir de la joie dans le Ciel ». « Non répondit Moïse, car ce sont aussi des enfants de l’Éternel qui périssent ».


Même si ma sœur ou mon frère n’a pas la même pratique religieuse, voire pas de pratique du tout ? Bien sûr que oui !


J’ai entendu cette comparaison entre le message divin et une partition de musique : la partition est un écrit qui ne produit des sons que si elle est jouée, en soi ce n’est qu’une feuille de papier et c’est l’interprétation du musicien qui en fait une mélodie harmonieuse ou non.


Dans ma vision du monde, le Créateur a écrit une même partition qu’il nous appartient de jouer et de jouer si possible en harmonie avec les autres instrumentistes : le piano ne joue pas les mêmes notes que le violon ou la trompette. Leurs partitions sont chacune différentes mais elles participent à cette partition générale que les croyants nomment « volonté divine ». Tout comme dans le plan divin, le musulman, le juif, le bouddhiste, l’agnostique ou le chrétien ne jouent pas la même partition, mais ils participent à ce même concert de la fraternité humaine, dans cette « Tour de Babel » où dans la Bible, les humains voulaient monter vers l’Éternel par leurs propres efforts et lui imposer leur volonté. Celui-ci aurait semé la confusion en répandant des langues différentes. Le croyant ne peut-il se poser la question pour les religions ?


Alors, à quoi bon une réaction de boutiquier qui défend la supériorité de son enseigne ? Plutôt accepter l’autre comme un sujet avec qui on partage et non pas un objet à convertir.

Chez les chrétiens (je ne dis pas chez les chrétiens seulement), il est recommandé de prier pour tous2 même pour les autres différents, même pour ceux qui nous maltraitent…


Je vois là un bon principe, pour les croyants, à déposer dans notre boîte à outils, je vous assure qu’il est difficile de ne pas avoir une relation fraternelle avec quelqu’un qu’on a béni dans sa prière…


Dans les religions du Livre, il nous faut pouvoir regarder notre action sur cette terre et se dire comme ce Créateur qui regarde la création : « Que cela est bon ! ».


Et tout ce que nous pouvons faire dans le sens de l’harmonie entre nous nous pouvons le regarder comme bon.


1Genèse 4, 1-16. 

2 Matthieu 5, 44

 

Prière proposée par les Protestants Unis 

Extrait d'une prière attribuée à Martin Luther (1483-1546)


Dieu éternel et miséricordieux,
Toi qui es un Dieu de paix, d’amour et d’unité,
nous te prions, Père, et nous te supplions
de rassembler par ton Esprit Saint tout ce qui s’est dispersé,
de réunir et de reconstituer tout ce qui s’est divisé.

Veuille aussi nous accorder
de nous convertir à ton unité,
de rechercher ton unique et éternelle vérité,
et de nous abstenir de toute dissension.

Ainsi nous n’aurons plus qu’un seul cœur,
une seule volonté, une seule science,

un seul esprit, une seule raison. 

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Texte de Noureddine Chafaï 

 

Mesdames et Messieurs, honorable assistance, chers amis


Nous commémorons derechef, avec fierté,  ferveur et humilité, une date éminemment importante dans notre histoire contemporaine.


Aucun d’entre nous n’a vécu ces douloureux événements : c’est bien grâce à nos valeureux aînés que nous la perpétuons aujourd’hui. Cette date mémorable a en effet mis fin à une sanglante guerre qui a fait d’innombrables victimes innocentes

Hélas, une vingtaine d’années plus tard, cette immonde bêtise s’est encore répétée, plus tragiquement, et dont les victimes appartenant à une religion bien précise et à diverses appartenances ethniques.

Nous avons pourtant cru, avec la fin de cette aberration humaine, que nous avons enterrée à jamais de telles horreurs engendrées par les déchirements ethniques, religieux et raciaux. L’actualité a voulu autrement, puisque la course effrénée à l’armement est à son paroxysme avec la prolifération des ADM et d’autres armes chimiques qui, non seulement, tuent les hommes mais détruisent les terres productrices des ressources alimentaires pour les générations futures.

Des guerres régionales continuent à sévir, faisant des victimes collatérales, acculant des millions de personnes à s’exiler.

Ici, dans ce beau pays, notre salut réside dans une étroite entente à même de transcender toutes sortes de clivages et autres surenchères, vaines et ridicules ; en somme dans une union inaltérable, inaliénable, entre nos diverses cultures et croyances, sources de richesses et de valeurs.

Ne soyons donc pas indifférents face au mépris du genre humain, face à la haine, à la discrimination de plus en plus palpables envers les différentes communautés

Nos différences peuvent être des atouts, une source d’enrichissement mutuel. Il faudrait ainsi ordonner le multiple, le pluralisme sans nier les différences, en préservant les identités propres à chaque communauté.


La France, berceau des droits de l’homme, a véritablement vocation d’éclairer le monde de par sa diversité culturelle et cultuelle. Son rôle doit être prépondérant en matière de dialogue interculturel et interreligieux ; il ne sera ainsi qu’à la condition expresse de s’élever, tous ensemble, face à l’islamophobie et à l’antisémitisme qui rongent cruellement nos sociétés.

Je suis, pour ma part, particulièrement confiant que nous allons vaincre ce mal insidieux, qu’est le racisme, à force de débat tolérant et sincère entre les différentes confessions, avec la détermination farouche de soulever, sans tabous, les grandes problématiques qui préoccupent centralement nos jeunes, notamment dans les cités les plus marginalisées.

Nous musulmans, français, imbus de l’amour de ce beau pays, nous sommes portés par la sereine conviction que notre combat premier, pionnier, demeure inlassablement la lutte contre toutes les formes du fanatisme religieux, et tout précisément la lutte contre le terrorisme.

L’Islam se trouve hélas la première victime de ce fléau ravageur. Nous continuerons imperturbablement à véhiculer les préceptes et les valeurs d’un Islam prônant la fraternité et le respect des autres croyances et non-croyances, étant convaincus que la laïcité, souvent incomprise, est le garant de la liberté de croire ou de ne pas croire.


Nous assurons nos compatriotes de notre foi déterminée en la République, en ses idéaux et ses valeurs, sans doute, immuables.

Notre action trouve son sens le plus éloquent dans ce que Allah dit dans la Sourate 4, AN NISSAA (les femmes), verset 36 :

« Adorez Allah et ne Lui donnez aucun associé. Agissez avec bonté envers (vos) père et mère, les proches, les orphelins, les pauvres, le proche voisin, le voisin lointain, le collègue et le voyageur ».


Avant de conclure, je voudrais citer quelques sagesses enseignées par nos amis Catholiques, juifs et bouddhistes.

l’Archevêque, cardinal Roger Etchegaray disait :

« Pour vivre ensemble, il faut une brassée d'amour et une pincée d'humour ».


le shabbat, 31a de Talmud dit :

« Ce que tu détestes pour toi-même, ne le fais pas à ton prochain ».


Le Dallai Lama dit :

« C'est dans son cœur qu'il faut construire la paix. »


J’avoue ne jamais me lasser de méditer ces deux citations qui doivent guider nos esprits :

« Quand le passé n'éclaire plus l'avenir ; l'esprit marche dans les ténèbres" de (Tocqueville)

"C'est dans le vide de la pensée que s'inscrit le mal" de (Hannah Arendt, philosophe juive),, elle se revendique, plutôt politologue.


Merci pour votre aimable attention


Vive la France et vive l’unité nationale.

Noureddine CHAFAI

Président de la Fédération Musulmane de Cergy. 

 

 
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