
Le Triduum pascal
Il est des jours où le temps semble se fendre, comme si l’histoire retenait son souffle. Le Triduum pascal est une traversée. Une descente. Une élévation. Une expérience qui rejoint l’intime de chacun, croyant ou non, là où les mots se font rares et où le sens se cherche.
Le Jeudi saint s’ouvre dans la simplicité d’une soirée partagée. Aucun éclat, aucune grandeur apparente — seulement des gestes, mais des gestes qui bouleversent. Un homme se lève, s’agenouille, lave les pieds des siens. Par la douceur du service, l’ordre du monde vacille. Une vérité s’esquisse : la grandeur passe par le don. Puis le pain est rompu, comme une vie offerte. Dans ce fragment, une existence entière se laisse approcher, vulnérable, confiée sans garantie. Aimer devient alors un acte d’abandon confiant, une manière de se remettre entre les mains de l’autre.
Vient ensuite la nuit du Vendredi saint. Une nuit chargée des cris du monde, des injustices anciennes et présentes, des silences imposés, des souffrances incompréhensibles. Sur la croix, un corps se tient là, exposé, blessé, livré à la violence humaine. Et au cœur de cette déchirure demeure une fidélité silencieuse, une persévérance de l’amour qui ne cède pas. Il s’agit simplement de tenir. Tenir dans l’abandon, dans l’incompréhension, dans cette obscurité où tant de vies se reconnaissent. La croix devient un miroir, révélant nos fractures et laissant entrevoir, au plus profond de la nuit, une voie différente de la haine et du désespoir.
Puis tout s’interrompt. Le Samedi saint s’étend comme un jour suspendu. Aucun mot, aucun signe. Le vide s’installe, l’espérance semble retirée, les promesses se fondent dans le silence. Ce temps rejoint ces moments d’existence où tout paraît immobile, fermé. Et pourtant, dans cette profondeur silencieuse, quelque chose travaille. Une germination invisible. La vie, enfouie sous les apparences de la mort, prépare déjà son surgissement. Ce jour apprend à demeurer, à attendre, à habiter l’absence sans fuir.
Et dans la nuit, un basculement s’opère. Une lumière se lève, discrète et irréversible. La vie surgit là où tout semblait clos. Les blessures demeurent, mais elles s’ouvrent à une transformation. Ce qui était fermé respire à nouveau. Ce qui semblait perdu s’oriente vers un horizon. La résurrection devient passage : de la peur vers une confiance fragile, de l’isolement vers la rencontre, de l’impasse vers une possibilité neuve.
Ainsi, le triduum pascal trace un chemin profondément humain. Il accueille la fragilité, la souffrance, le doute, et les traverse de part en part. Il révèle qu’au cœur même de ce qui paraît dépourvu de sens, une naissance demeure possible — discrète, presque imperceptible, et pourtant plus forte que la nuit. Peut-être est-ce là son appel le plus universel : pressentir que la vie dépasse ce qui se voit, que l’amour peut persévérer jusque dans l’abandon, et qu’au cœur du silence, une promesse continue de veiller.
17 avril 2026 – JEUDI SAINT
- 09h00 : Office des ténèbres à l’église Bx Frédéric Ozanam
- 20h00 : Cène du Seigneur à l’église Bx Frédéric Ozanam
18 avril 2026 – VENDREDI SAINT
- 09h00 : Office des ténèbres à l’église Bx Frédéric Ozanam
- 10h00 : Enseignement à l’église Bx Frédéric Ozanam
- 12h00 : Office du milieu du jour
- 12h30 : Chemin de croix à l’église Ste Marie des Peuples
- 15h00 : Chemin de croix à l’église St Christophe
- 18h00: Chemin de croix itinérant de Ste Marie des Peuples à Bx Frédéric Ozanam
- 20h00 : Grand office de la Passion à l’église Bx Frédéric Ozanam
19 avril 2026 – SAMEDI SAINT
- 09h00 : Office des ténèbres à l’église Bx Frédéric Ozanam
- 21h00 : Messes de la Vigile Pascale dans les trois églises de Cergy
20 avril 2026 – DIMANCHE DE PÂQUES
- 11h00 à l’église Bx Frédéric Ozanam
- 10h00 à l’église St Christophe
- 10h30 à l’église Ste Marie des Peuples
- 10h30 à l’église St Pierre et St Paul

