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* Administrateur de Religions pour la Paix
Recteur honoraire de l’I.C.  de Toulouse
Professeur à l’Institut Catholique de Paris

 

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Une famille de cultivateurs dans l'Yonne Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

(Interview)

Une ferme dans l'Yonne : pendant la Grande guerre, le grand-père tenait la ferme, sauf lorsqu'il accomplissait son "service territorial", on disait aussi qu'il était "de la territoriale". Il était convoqué pour surveiller une gare, un pont, un site important; ça pouvait être à 30 km, de jour et de nuit. Le but était de surveiller les mouvements de l'ennemi et de voir qu'aucun espion ne vienne saboter les positions importantes.

Les territoriaux constituaient un groupe de civils, sous les ordres d'un responsable, un militaire, ils montaient la garde. Ils étaient armés à la façon territoriale, avec des fusils Lebel qui avaient dû faire la guerre de 70. Ils montaient la garde pendant le temps qu'il fallait : on leur envoyait une convocation disant : "vous allez à tel endroit, à tel moment". Ils portaient l'uniforme des gardes territoriaux. C'était les vieux. En général, ils savaient tirer au fusil, puisque c'était obligatoirement d'anciens militaires. Mais ils n'étaient plus appelables pour aller faire la guerre.

Vieux ? Mon grand-père avait 43 ans en 14, il n'a jamais été envoyé au front. En plus de son âge, il n'était pas appelable aussi à cause de ses cinq enfants dont l'aînée avait 16 ans. 

Son fils aîné a travaillé à la ferme jusqu'à ce qu'il ait l'âge pour être mobilisé en 1917 (il était de 1898). A 19 ans, il a été versé, après ses classes, dans l'artillerie au front.

Quand il est parti, ses parents se sont demandé pour combien de temps : cela faisait un moment que ça devait se terminer, et puis ça ne se terminait pas....

Quand mon oncle est revenu, il était très sourd : quand ça pétait, il n'avait pas toujours le temps de se protéger les oreilles. Quand les allemands arrivaient à repérer une batterie, ils essayaient de la détruire en tirant dessus. L'oncle est devenu sourd, non pas des obus tirés, mais des obus reçus.

Il est revenu avec des douilles sculptées : il y avait un petit commerce fait par les gens qui étaient dans les tranchées ou pas trop loin des tranchées ; ils faisaient du bricolage, puis ils les vendaient aux copains qui partaient en permission. Quand les gens étaient blessés ou en permission, ils partaient à l'arrière, pas forcément loin. Ils s'occupaient en sculptant les douilles, pour tromper l'ennui.

A la même époque, un cousin de 23 ans, d'un village voisin du nôtre, s'est fait tuer le 9 juin 1918, dans le parc du château de Plessier de Roye, à 600 m au Sud/Sud-Ouest du château vers 6 heures du matin. J'ai trouvé ces éléments sur le site : http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/  Il suffit de donner le nom et le prénom et on a la fiche.

A l'époque, le grand-père cultivait du blé; il avait six ou sept vaches, avec les veaux; et puis la basse-cour et le jardin maraîcher, cultivé par la grand-mère, mais labouré par le grand-père une fois par an. Leur fils, quand il avait 16 ans, avant de partir à la guerre, commençait à labourer un peu, ramasser le foin, faner, etc. Ma mère, pendant la guerre, a commencé à traire et à s'occuper de la basse-cour quand elle avait 10 ans.


 
La photo. Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Par Pierre Moissac, à Cergy. 

Une vieille maison alsacienne à colombages, géraniums aux fenêtres et un escalier qui craque pour mener aux chambres. Au rez-de-chaussée, une grande pièce avec, au fond, une alcôve où se réfugient le grand-père et la grand-mère dès la tombée du jour. A l’entrée de ce séjour, à droite, derrière la porte, une grande photographie sous verre, trône au-dessus d’une machine à coudre Singer.

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Un de la Légion Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Mon pseudo dans le forum est "Fille du vent". Voici mon témoignage : 

L'ancêtre dont je témoigne : mon grand-père, sujet britannique engagé dans la Légion étrangère (comme le Dernier Poilu, récemment disparu), « tué à l'ennemi » à 28 ans le 28 septembre 1915, dans le secteur de Souain.

Mon témoignage veut d'abord souligner que mon grand-père était étranger; rien ne l'obligeait à aller combattre. Il était persuadé que c'était son devoir. Tout ce qu'il entendait à ce moment là lui en faisait une obligation morale.

Son frère, engagé en même temps que lui, mais ayant survécu, nous a raconté certains épisodes : mon grand-père a été gazé trois fois, il s'est trouvé enterré vivant une fois, par la terre projetée par une explosion. C'est son frère qui l'a sorti de là.

Mon grand-père avait un compagnon de tranchée qui était sud-africain; cet ami lui a donné des souvenirs de chez lui, dont un petit canif, qui a été renvoyé à ma grand-mère avec quelques autres objets. C'était une consolation de penser qu'il y avait de l'amitié autour de lui.

La mort de ce grand-père a laissé des traces cruelles dans ma famille : une veuve sans métier, devant élever seule ses trois enfants.

La pension de veuve de guerre, assortie d'un emploi comme gardienne d'enfants dans une école, ont juste permis de survivre. Ma mère et sa soeur n'ont pas souvent mangé de la viande. Ma mère a travaillé aussitôt le Certificat d'études obtenu.

Pour ma mère, ce qu'elle a transmis à ses enfants, c'est la douleur très vive qu'elle a éprouvée de ne pas avoir connu son père : il était parti juste après sa naissance... Elle et sa soeur (le frère aîné est mort un an après le père) se sont posé toute leur vie la question de savoir pourquoi ni leur mère, ni elles, n'avaient pu retenir leur père. Pourquoi était-il parti à la guerre ?

Dans notre cuisine, la bayonnette de mon grand-père et son képi étaient accrochés à côté des casseroles. Tous nos repas se prenaient sous ces objets. Il était interdit d'y toucher ou d'en parler; ils représentaient l'absence sacrée du grand-père dont on ne parlait pas.

De la même façon, nous ne devions pas prononcer les mots « allemand », « Allemagne ».Jamais je n'ai prononcé ces mots en présence de ma grand-mère ! 

Ce n'est que lorsque j'ai eu moi-même des enfants que j'ai décidé que ça avait assez duré et que j'ai participé avec ma famille aux rencontres de jumelage avec la ville d'Erkrath . J'y ai trouvé de vrais amis.

 

 
Témoignages sur Cergy pendant la guerre Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
de : 

Un du village.

Cergy en 1914 n'était pas un village très riche : pas d'assainissement, l'adduction d'eau s'est faite en 1920; en 1924, c'était l'arrivée de l'électricité. Chez mes parents, on a eu l'électricité en 1942, si je me souviens bien, pendant l'occupation.
C'était sale, on se chauffait au charbon, il y avait donc beaucoup de fumées, d'odeurs de souffre, ça puait dans le village, ce n'était pas beau, les façades étaient noires. Les eaux coulaient dans le caniveau : eaux de pluie, eaux usées.... Les maisons n'étaient pas très confortables. On ne connaissait pas les salles de bains, ni l'eau chaude; on était élevés comme ça. Comme beaucoup en France à l'époque, mais il faut resituer le contexte.
L'eau courante n'est arrivée qu'en 1920 : avant, on pompait dans l'Oise. On buvait l'eau des sources: la Roussette, qui coulait en bas. Jusqu'à ce que ça soit interdit (après des analyses demandées par M. Renaud, maire de Cergy à partir de 1953).Il fut alors interdit de boire l'eau des sources.
(A partir de là fut créé un Syndicat intercommunal entre communes voisines et on a fait des captages pour l'eau potable. Dans les années 1957-58, on a eu l'eau potable au robinet.)

Il y a eu un gros progrès, un vrai démarrage, avec la construction de la mairie-école en 1911. Grâce à Jules Ferry, le pays a connu une explosion de la connaissance, une ouverture vers le savoir.
L'école a continué à fonctionner en 14. Des instituteurs ont été laissés en place, ils n'ont pas tous été mobilisés. Au village, il y avait Arnaud Cuisiner, avec sa femme
Il y avait 2 classes de filles et 2 classes de garçons, les grands et les petits.
Le stade Jean Roger Gault, du nom du mécène de Cergy qui l'a entièrement financé, date seulement de 1925.
Sur 1100 habitants, et sur environ 50 mobilisés, 37 morts: c'est énorme:
Il n'y avait plus de mari, plus de fils.

En 1918, un monsieur de Cergy était artilleur, dans l'Oise (limite de la Somme) entre Montdidier et Royes, pas loin de Péronne; le front de guerre était là-haut. C'était la dernière bataille de 1918. Les allemands ont fait une poussée sur Montdidier pour essayer de récupérer la ligne de chemins de fer qui menait de Paris à la côte, mais ils n'y sont pas parvenus. Cet artilleur était cantonné dans un petit village qui s'appelle Boulogne-la-Grasse. Il y avait là une dame qui tenait un café, fréquenté par les soldats. L'artilleur, bon vivant et serviable, donnait un coup de main à la dame, pour servir les coups de rouge et mettre le vin en bouteille. La dame avait un petit garçon de 9 ans, puisque né en 1909. La guerre se rapprochait, en février 18, on commençait à parler d'évacuation; les autorités militaires pensaient que le front allait craquer sur Beuvraignes, sur Tilloloy, etc.donc on préparait la population à s'écarter et à fuir le village.
C'est ce qui s'est passé à partir d'avril 18 : ordre d'évacution. L'artilleur dit à la dame du café: "écoutez madame, si vous êtes ennuyée, allez-donc chez ma femme, à Cergy, et vous serez accueillie".
Un matin, la canonnade a commencé et la dame s'est enfuie sur la route en tenant son petit garçon par la main; quelques économies dans son petit sac et elle a tout laissé dans sa maison.
Ils avaient fait à peine 300m qu'un énorme obus est arrivé sur la maison et l'a fait exploser.: plus rien, le café a été ruiné complètement, ainsi que l'église, le village, en particulier le château (voir photos)...c'était la guerre.
Ils se sont sauvés; ils ont commencé par faire un tour dans la Manche, car cette dame avait un frère qui travaillait aux chemins de fer, qui avait eu un wagon spécial pour transport. La dame est partie à Coutances, dans sa famille, mais ça s'est mal passé. Ne sachant plus que faire, au mois de septembre, elle a décidé de venir à Cergy avec son petit garçon.
Elle a rencontré la femme de l'artilleur, qui lui a trouvé une maison pour se loger. Ensuite, elle a dû se débrouiller.
La femme de l'artilleur avait une petite fille, qui avait le même âge que le petit garçon de la dame de Boulogne-la-Grasse. Les enfants sont allés à l'école ensemble, le petit Raymond et la petite Solange.
La guerre se termine, 1920. La reconstruction dans l'Oise. Les hommes rentrent chez eux, l'artilleur rentre à Cergy. Le mari de la dame de Boulogne, qui était prisonnier de guerre à Wissenbourg rentre aussi, en mauvais état, mais bon, un petit d'hospitalisation, un peu de soins et on se met en route.
Donc en 1920, la famille de la dame rentre à Boulogne-la-Grasse, et la famille de l'artilleur reprend ses activités à Cergy. Mais les deux familles continuent à se rencontrer, à correspondre; les enfants ont grandi, à 17 ans, ils s'écrivaient; et puis en 1931 ils se sont mariés, et c'était mes parents ! Ils sont venus vivre à Cergy, rue du Bruloir, dans la maison que la famille a conservée.
Après la guerre, les couples se sont retrouvé, mais ça n'a plus jamais fonctionné.
Ils se sont toujours insultés, méprisés, parce que les hommes étaient à la guerre, mais les femmes ont fait tout le boulot; elles se sont mises au travail comme des bêtes; dans les champs, elles conduisaient les chevaux, elles faisaient tout, aidées par les vieux hommes qui n'avaient pas été mobilisés, mais qui n'avaient plus trop de forces, ça s'est débrouillé comme ça.
Pour ceux qui ont été dans les tranchées, ça a été la grande douleur, ça a été épouvantable; Mais pour ceux qui comme le grand-père tirailleur, montaient les obus au front, le soir, avec un attelage de chevaux et redescendaient, pour lui qui était en cantonnement, aux yeux de sa femme, il n'a pas été à la guerre, il ne s'est pas battu.
Et puis, le mari de la dame de Boulogne a été prisonnier tout de suite, en 1915: il était auxiliaire, il a été mobilisé après; il s'est trouvé prisonnier, il n'a pas fait la guerre; il s'est trouvé prisonnier à Wissenbourg, dans un camp, ils n'ont pas considérés comme des héros, ces gens là. Pour les femmes, elles disaient : "tu ne t'embêtais pas dans ton camp, là-bas". Il a eu la langue trop longue, de raconter des aventures qu'il avait eues en Allemagne; ça lui a été reproché toute sa vie.
Les hommes qui sont rentrés, au hasard des tablées un peu arrosées, il s'en sont un petit peu vantés, ça a mis la zizanie dans les couples; les femmes ont vu tout ce qu'elles avaient fait pour faire fonctionner les fermes, nourrir les enfants, etc. elles ont eu l'impression que ce n'était pas juste.
Surtout si l'homme en rentrant, avait voulu reprendre les rênes du pouvoir...
Cela n'a jamais plus marché. Ces couples étaient fichus.

Pour ceux qui sont revenus : ceux qui ont fait les tranchées, ceux-là étaient fichus, physiquement, moralement.
Au village, il y a eu des gens gazés. Ceux qui se sont battus et qui sont revenus, sont revenus méchants, révoltés, prêts à en découdre à chaque instant, pour une discussion de bistrot, pour un bout de terrain, pour une borne, prêts à sortir le fusil.

Révoltés contre quoi ?
"J'ai fait la guerre, on ne va pas m'en raconter, tu ne vas pas me dire, etc." Ils étaient d'autres hommes. Etre confrontés à des conditions inhumaines pendant 4 ans, ils en étaient transformés, ils étaient devenus un peu des bêtes sauvages.
Par exemple, au moment du remembrement de Cergy, on a remembré la plaine en 1951; d'ailleurs c'était un fouillis de petites parcelles incultivables; il y a eu des bagarres internes, des vieux qui tenaient à leur poirier, sortaient le fusil; étaient prêts à tuer, comme en 14. Si tu touches à mon poirier, je te tues.
J'avais un oncle mauvais, innapprochable; bardé de décorations. Il avait fait Verdun, la bataille de l'Argonne. C'était un héros, il est revenu à moitié fou.
Cela, c'est quand ils étaient acceptés, quand on ne les traitait pas de simulateurs : regardez l'horreur, les mutineries de 1916, il y en a eu 800 qui ont été fusillés. Il n'y en a pas eu du village.




 
Avez-vous quelque chose à dire sur la guerre ? Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Mémoires de guerre ... Semences de Paix

 Exprimez-vous sur le FORUM ( cliquez ICI )

Contribution des religions à la paix, dans le cadre de notre groupe de dialogue interreligieux, ouvert aux croyants de toutes les religions et aux non-croyants.

 

Voici une proposition pour préparer le 90e anniversaire de l'Armistice du 11 novembre 1918.

Nombreuses sont les personnes qui sont porteuses de mémoires de guerre, histoires transmises par leurs parents et portant sur leurs grand-parents dans la guerre, ou histoires qu'elles ont elles-même vécues. Des histoires qu'on ne peut pas oublier.

Anciens champs de bataille de la Somme (près de Montdidier)

Certaines de ces histoires se sont déroulées dans notre ville de Cergy. D'autres sont portées par des personnes qui sont nées loin de chez nous, dans d'autres pays, sur d'autres continents, des personnes de toutes religions.

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Pour certains d'entre vous, les ancêtres ont combattu "de l'autre côté". Vous êtes également invités à participer.

De même que ceux qui ont souffert des suites du partage des terres effectué par le Traité de Versailles, qui a clos cette guerre de 14-18. 

Vous êtes invités à écrire dans notre forum pour raconter ce qui vous reste de tout ça. 

Il ne s'agit pas pour nous de faire oeuvre historique sur la première guerre mondiale, d'autres le font mieux que nous, même si certains témoignages reçus pourront apporter des éléments nouveaux à la connaissance de cette période.

Pour notre part, nous souhaitons relever les nombreuses traces laissées chez nos contemporains par cette guerre et ses suites. Les premiers contacts pris montrent qu'aucune famille de France n'en est sortie indemne, et qu'en Europe, au Proche-Orient, en Afrique, en Asie, Outre-mer, beaucoup ont été touchés.

Il y a eu aussi des suites heureuses, trop rares hélas. N'hésitez pas à nous les communiquer, nous les publierons avec plaisir !

Nous espérons que des réflexions se dégageront de tous ces témoignages. 

Ce travail est à nos yeux une contribution à la Paix. 

   



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