Accueil arrow Réflexions et témoignages arrow Pages des religions arrow Toutes les religions arrow 11-11-2017

Communiqués

- Annonces : Cliquer

 

- Déclaration des Responsables de culte en France, sur le climat.

 

- Archives : 9e Assemblée mondiale de Religions pour la Paix - Déclaration finale : "Accueillir l'autre."

 

- Texte de la Conférence de Mgr André DUPLEIX* : "L'Art, comme déchiffrage du mystère de l'humanité" .

* Administrateur de Religions pour la Paix
Recteur honoraire de l’I.C.  de Toulouse
Professeur à l’Institut Catholique de Paris

 

Quelques livres

Liste de livres et de CD
11-11-2017 Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Commémoration interreligieuse du 11 novembre 2017

 

Le thème choisi pour 2017 est "La Fraternité pour la Paix"

Affichage : "La Règle d'or, dans toutes les religions".

Image

 

Le déroulement est le suivant :

Chaque responsable religieux ou responsable de communauté s'exprime sur le thème.

La Fraternité dans le Judaïsme

La Fraternité pour la Paix, par le Père JM Pimpaneau, curé de Cergy.

La Fraternité humaine en Islam.

La Fraternité pour la Paix, pour les Protestants Unis.

La Fraternité pour la Paix, dans le Bouddhisme

 

 

Puis Déclaration Commune, composée et lue par les Responsables religieux. 

 1-

                                                          La fraternité dans le Judaïsme

La fraternité est un terme fondateur dans la Torah et dans la Genèse en particulier. Plusieurs histoires sur ce thème sont rapportées : rencontres réussies ou non réussies entre deux frères ou entre plusieurs frères.

  • Abel et Caïn : la réponse que Caïn donne à l'Eternel lorsque celui-ci s'enquiert du sort d'Abel : "Suis-je le gardien de mon frère ? ", alors qu'il l'a tué.


  • Dix des douze fils de Jacob, manifestent de la jalousie et de l'agressivité à l'égard de Joseph. Il est vendu comme esclave en Egypte. Beaucoup plus tard, en testant leur rapport à son frère Benjamin, Joseph comprendra qu'ils se sont repentis et qu'ils sont soudés par un sentiment de fraternité authentique.

La fraternité est un thème universel dans la tradition juive et se traduit par ce postulat :

" Toute proximité est dangereuse. Il faut apprendre à construire cette fraternité au sens moral et éthique du terme. "

Celle–ci n'est pas innée, elle s'apprend. Il faut se conditionner à vaincre la haine, à la transmuter en amour comme dans l'histoire de Joseph et ses frères.

Pour dire "l'un à l'autre", l'hébreu dit littéralement "un homme à son frère".

Pour la Torah, la fraternité est donc ce lien de similarité qui nous unit l'un à l'autre. Tous les êtres qui se ressemblent sont liés par un rapport de fraternité. Les histoires de fraternité ratée dans la Bible nous donnent les clefs pour comprendre comment réussir cette fraternité : l'acceptation du frère, l'acceptation de la différence de cet autre qui nous ressemble tant.

La fraternité devient une vertu, une qualité positive, un chemin vers la réalisation de la créature vers son créateur. Etre frère, c'est être semblable tout en étant différent. L'altérité de notre frère, au lieu de nous agresser, doit nous enrichir à tous les niveaux.

En approfondissant la direction donnée par la Bible, la tradition rabbinique veut nous amener à comprendre que notre relation de fraternité ne s'arrête pas seulement à notre prochain juif, mais à tout être humain.

Un midrash (commentaire en hébreu) rapporté par le Talmud dit :

"A ce moment, (après la traversée de la Mer Rouge), les anges voulurent dire un chant de joie devant Dieu. Il leur dit :

" Les œuvres de mes mains se noient dans la mer, et vous voulez dire un chant ?".


L'amour est un acte divin. Aimer fraternellement l'autre, c'est réaliser sa propre nature divine et la reconnaître chez l'autre.

L'amour fraternel envers l'autre est une constante de la Torah : "Tu aimeras ton prochain comme toi-même" –. De même :"Vous aimerez l'étranger, car vous avez été étrangers en terre d'Egypte."

Cela même est l'essence du message biblique, comme il ressort d'une histoire talmudique sur Hillel l'Ancien: Quelqu'un demanda à Hillel de résumer la Torah en se tenant sur un seul pied.

Celui-ci dit alors : "ce que tu détestes, ne le fais pas à ton prochain. Ceci est la Torah, tout le reste n'est que commentaire."

Le message d'Hillel, de ne pas faire aux autres ce que l'on ne veut pas qu'on nous fasse, n'est que la version plus accessible du Commandement d'aimer l'autre comme soi-même. L'autre est un autre moi-même ; quand j'aime l'autre, en fait je m'aime. Nuire à son prochain, c'est nuire à soi-même, c'est nuire à la Présence divine.

Au niveau de la fraternité religieuse, il existe plusieurs voies, toutes vraies ; et la vérité de l'une n'entraîne pas la non-vérité de l'autre. Au niveau de Dieu, toutes les vérités révélées sont vraies et toutes coexistent en Lui et par Lui. Les religions sont toutes dignes d’un égal respect : aucune n'est supérieure ou inférieure à l'autre, juste différente. Notre voie à nous Juifs, celle de notre Torah, n'en est qu'une parmi de nombreuses autres, toutes dignes de notre respect. La fraternité est quelque chose que l'on vit au quotidien. On se sent impliqué par tout ce qui arrive à nos frères humains. Il est très important d'aider les autres – juifs et non juifs, hommes et femmes- par tous les moyens que Dieu nous a donnés, chacun à sa petite échelle.

C'est la vraie fraternité : aimer l'autre bien qu'il soit différent, parce qu'au fond c'est un autre moi-même. Du point de vue mystique, Dieu aurait pu faire que je sois cet autre-là.

En ce qui concerne les vertus, comme dans la bénédiction nuptiale, pour la Torah, tout est lié: la fraternité, l'amitié, l'amour, la paix. Comportons nous avec notre frère, quel qu'il soit, comme si nous étions devant la Présence divine, pour que se réalise en nous ici-bas le verset des Psaumes :

" Qu'il est bon et qu'il est agréable lorsque des frères vivent ensemble."


La musique que vous allez entendre est un chant sur le thème de Chabbat, et c’est aujourd’hui samedi. Le Chabbat est comparé à une reine que la communauté juive accueille le vendredi soir lors de l’office à la synagogue en se :

tournant vers la porte d’entrée.


Raasche, Jewish Folk Songs of Europe.

Shabos Ha-Malka


Traduction du Chant

«  Quand le soleil disparaît derrière la cime des arbres,

Venez, rassemblez-vous pour accueillir la Reine Chabbat,

Voici elle descend, sainte et bénie,

Accompagnée des anges de la Paix.

Viens, viens Ô Reine,

Viens, viens Ô fiancée, Reine Chabbat,

Bienvenue à vous, anges de la Paix »

 

2- La Fraternité, par le Père Jean-Marc Pimpaneau, Curé de Cergy.

 

 

« La fraternité pour la Paix »

Nous voulons aujourd’hui faire mémoire de l’armistice de la guerre de 1918 et plus encore honorer la mémoire des 18,6 millions de morts, d’invalides et de mutilés causés par cette guerre dont 8 millions de civils.

En tant que responsables ou représentants des communautés religieuses présentes sur Cergy notre manière de le faire est de puiser dans chacune de nos religions les raisons profondes de vivre la fraternité « une fraternité pour la Paix ».

Nous voulons aujourd’hui exprimer que nous contribuons - chacun à notre manière - à construire une fraternité au service de la paix.


1 – Le grand commandement

Quand on demande à Jésus quel est le plus grand commandement, il répond (Mc 12,28-34) en rassemblant le commandement de l’amour de Dieu du livre du Deutéronome (Dt 6,5-9) et le commandement de l’amour du prochain du livre du Lévitique (Lev 19,18).

Cette association fondamentale, unifie et coordonne ce qui peut facilement être dissocié et même opposé. L’amour de Dieu est premier : « tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur de toute ton âme et de tout ton esprit ». Le second lui est semblable dit Jésus : « tu aimeras ton prochain comme toi-même »

Cette association reste fondamentale pour toutes nos religions. Nous ne pouvons pas opposer l’amour de Dieu et l’amour de nos proches car il n’existe qu’un seul Dieu et que nous-mêmes, nous n’avons qu’un seul cœur.

L’unicité de Dieu et l’unicité de notre cœur nous fait puiser dans la même énergie l’amour de Dieu et du prochain.

2 – La vie de Jésus : un témoignage en actes

L’enseignement et le témoignage de vie de Jésus poussent aussi très haut et très loin les perspectives et les exigences de l’amour jusqu’à aimer nos ennemis. Mt 5,44

L’amour est ainsi perçu comme une force universelle inconditionnelle.

C’est une force non-violente qui s’apparente à l’énergie du bien. Les philosophies et les méthodes d’action non-violentes ont montré que la force universelle de l’amour était seule capable de vaincre les formes individuelles et collectives du mal.

C’est cette force du bien qui nous pousse à dialoguer dans un esprit de fraternité et à agir ensemble dans le sens de la justice de la paix. C’est elle qui porte le dialogue et l’action commune entre religions

3 – La responsabilité des religions pour construire une fraternité pour la paix

Le 30 Septembre 2013, à l’occasion de son discours lors de la rencontre internationale pour la paix organisée à la communauté San Egidio :

« La paix exige un dialogue tenace, patient, fort, intelligent, pour lequel rien n’est perdu»

« …En tant que responsables des différentes religions, nous pouvons faire beaucoup. La paix est notre responsabilité à tous. Prier pour la paix, travailler pour la paix ! Un chef religieux est toujours un homme ou une femme de paix, parce que le commandement de la paix est profondément inscrit dans les traditions religieuses que nous représentons. La paix exige un dialogue tenace, patient, fort, intelligent, pour lequel rien n’est perdu. Le dialogue peut vaincre la guerre. Le dialogue fait vivre ensemble des personnes de différentes générations, qui s’ignorent souvent; il fait vivre ensemble des citoyens de diverses origines ethniques, de convictions différentes. Le dialogue est la voie de la paix ; parce que le dialogue favorise l’entente, l’harmonie, la concorde et la paix. C’est pour cette raison qu’il est vital qu’il grandisse, qu’il s’étende aux personnes de toutes conditions et convictions comme un réseau de paix qui protège le monde et surtout qui protège les plus faibles….»

Père Jean-Marc Pimpaneau, curé

Musique :

LE VENT souffle où il veut, Interprété par l'ensemble vocal l'Alliance.

Evangile selon Saint Jean, 3,8.

https://www.youtube.com/watch?v=igHCBrSA2F0

 

3- La fraternité humaine en Islam

par l'Imam de Cergy, Dahmane Yelles.

 
L’islam comme toutes les religions monothéistes œuvre à préserver les cinq nécessités fondamentales de l’être humain en l’occurrence : sa religion, sa vie, sa raison, son honneur et ses biens.
 
Parmi les plus grands moyens utilisés pour concrétiser cette vision : l’appel à la fraternité.
 
Tout d’abord, l’appel à la fraternité entre musulmans, dont Dieu a lié à la foi, lorsqu’il a dit dans le noble coran :(Certes, les croyants ne sont que des frères ; établissez la concorde entre vos frères, et craignez Allah peut être que la miséricorde vous sera accordée) verset n°10 du chapitre –Alhoudjourates-(Les appartements).                                                                                                                                                                                                       Dieu Le Tout Puissant nous montre comment nous conduire pour préserver et fructifier  ce lien de même religion qui est inséparable de la foi :                                                                                                                                                    Verset n° 11 :(Ô vous qui avez cru qu’un groupe ne se raille pas d’un autre groupe, ceux- ci sont peutêtre meilleurs qu’eux, et que des femmes ne se raillent d’autres femmes, celle-ci sont peut meilleures qu’elles.et ne vous dénigrez pas, et ne vous lancez pas mutuellement des sobriquet(injures) ;quel vilain mot que perversion après la foi .Et quiconque ne se repent pas, ceux-là sont les injustes )                                                                  Verset n°12:(Ô vous qui avez cru évitez de trop conjecter,car une partie des conjectures est péché. Et n’espionnez pas et ne médisez pas les uns des autres ; l’un de vous aimerai t- il manger la chair de son frère mort ? Non ! Vous en auriez eu horreur. Et craignez Allah, car Allah est Grant Accueillant du repentir et Très Miséricordieux).                                                                                                                                                                                            Dieu bénis soit-il, pour faire comprendre que ceci n’est pas exclusivement pour les musulmans, a parachevé ces  versets par le verset n°13 du même chapitre par cette expression céleste :(Ô humains ! Nous vous avons créé d’un mâle et d’une femelle, et Nous avons fait de vous des nations et des tribus pour que vous vous entre connaissiez. Le plus noble d’entre vous, auprès d’Allah est le plus pieux. Allah est certes Omniscient et Grand Connaisseur).
 
Nous avons un verset coranique que les imams répètent presque à chaque prêche du vendredi et qui met clairement en évidence l’importance de  l’humanité entière :Dieu l’Exalté a dit dans le verset n°1 du chapitre-les femmes- :(Au Nom d’Allah Le Tout Miséricordieux Le Très Miséricordieux (c’est par cette expression que commence tous les chapitres du coran).Ô humains craignez votre Seigneur qui vous a créé d’un seul être, et a créé de celui-ci son épouse ;et qui à partir d’eux a fait répandre beaucoup d’hommes et de femmes. Craignez Allah pour lequel vous vous implorer les uns les autres, et craignez de rompre le lien de sang(le sang qui lie les enfants d’Adams) Certes Allah vous observe parfaitement).                                                                                                             
 
En ce qui concerne le voisinage, tous les énoncés, qu’ils émanent que ce soit du noble  coran ou du Prophète de l’islam (Bénédiction et Salut de Dieu sur lui ainsi que sur les Prophètes qui l’on précédés) Mohamed , qui appellent à exprimer de la bonté envers les voisins, ne font pas de distinction entre les voisins musulmans et non-musulmans, sauf pour demander encore plus de droits et d’obligations imposés par le lien de sang ou celui de l’Islam, sans pour autant nuire aux autres voisins ou diminuer la bienfaisance envers eux : Verset n°36 du chapitre-les femmes :(Adorez Allah, et ne lui donnez aucun associé. Agissez avec bonté envers (vos) pères et mères, les proches, les orphelins, les pauvres, le proche voisin, le voisin lointain, le compagnon d’à côté, le voyageur, et les esclaves en votre possession
(Précision : lorsque la révélation du prophète de l’islam a eu lieu, l’esclavage était très répandu et l’islam a été pour beaucoup dans son abolition) Car Allah n’aime pas, en vérité, le présomptueux, l’arrogant).
 
Les textes prophétiques aussi sont nombreux à appeler au bon voisinage et au respect de l’être humain :                                        1-selon Djarir fils de Abdullah, le Messager de Dieu a dit :(Celui qui n’accorde pas de clémence aux gens, Dieu ne lui accorde pas de clémence) rapporté par Bokhari et Muslim.                                                                                      2-Selon Ibnu Omar, le Messager de Dieu a dit :(L’ange Gabriel n’a pas cessé de me recommander le voisin à tel point que j’ai cru qu’il allait lui donner droit à l’héritage) rapporté par Bokhari et muslim (Ces deux personnages sont les rapporteurs les plus authentiques).                                                                                                                                3-selon Abu Huraira, le prophète (Bénédiction et Salut de Dieu sur lui) a dit :(Par Dieu n’est pas croyant, par Dieu n’est pas croyant, par Dieu n’est pas croyant ! L’on dit qui donc ? Il dit :(Celui dont le voisin n’est pas à l’abri de son mal).
 
Et je conclue mon texte  par l’expression du prophète (Bénédiction et Salut de Dieu sur lui) dans laquelle il a dit, selon son compagnon Anas :(aucun de vous n’est vraiment croyant que lorsqu’il aime pour son frère ce qu’il aime pour sa propre personne). Et, dans une autre version, il ajoute :(Et, qu’il déteste pour son frère ce qu’il déteste pour lui-même).Rapporté par Bokhari et Muslim.

 
 4- La Fraternité pour la Paix, pour les Protestants Unis,

par Dominique Davoise


Très chers sœurs et frères en humanité.


En partant de l’axiome qu’en notre XXI ème siècle nous n’avons qu’un seul univers, voire, qu’une seule terre à nous partager entre plusieurs milliards d’êtres humains.

La question qui semble se poser touche à notre gestion de cet univers, dont nous sommes colocataires, et dont il serait erroné de nous croire propriétaires.

De cette question en découle beaucoup d’autres…

Parmi celles-ci : La cohabitation dans ce territoire qui à l’heure où nous parlons n’est pas extensible.

Il serait dangereux de ne laisser ou de la déléguer, cette organisation de la cohabitation, à un seul système de pensée : qu’il soit historique, politique, psychologique etc… et en particulier à la référence à la mode, l’économique.

Le religieux a son mot à dire ! Et il me semble sain de ne pas accorder à l’un plus qu’à l’autre de ces modèles une primauté sur les autres moyens de réfléchir l’humain.

D’où une deuxième question qui se pose à nous croyants : en quoi notre foi est-elle un apport à cette organisation du monde, de la société ?

Parler d’une seule voix, adhérer à une pensée unique, certes non !

Mais plutôt parler de sa place et par les apports de nos différences, donner de la cohérence, des repères à une société en demande. A une société qui se cherche.

Pour ce faire, nous pouvons mettre sur notre table de travail commune notre « boîte à outils » personnelle et peut-être nous prêter mutuellement ce qui nous permet de nous tenir debout et d’avancer même si le vent qui souffle nous semble contraire.

Pardonnez-moi de me répéter mais ma vision du monde est comme ces jardins ouvriers où chaque jardinier fait visiter son bout de terrain à son voisin ; échange ses recettes et ses semences, avec l’espoir que ce voisin aura la même attitude bienveillante.

Il est temps maintenant de vous ouvrir ma boîte de l’Eglise Protestante Unie de France.

Tout d’abord une phrase de Vladimir Jankélévitch « La tolérance est un moment provisoire, elle permet à ceux qui ne s’aiment pas de se supporter mutuellement, en attendant de pouvoir s’aimer. »

Et comme le dit Saul de Tarse, l’apôtre Paul, Saint Paul, selon les confessions, l’un des fondateurs du Christianisme 1:

« Quand j’aurais le don de prophétie, la science de tous les mystères et de toute la connaissance, quand j’aurais la foi la plus totale, celle qui transporte les montagnes, s’il me manque l’amour, je ne suis rien.

Quand je distribuerais tous mes biens aux affamés, quand je livrerais mon corps aux flammes, s’il me manque l’amour, je n’y gagne rien. »

Le but c’est l’amour entre les humains, le moyen c’est la tolérance.

Tolérance au nom même de la fraternité, selon cette phrase qui m’est chère d’Albert Camus : « Le crime est différent si c’est ton frère qu’on a tué ou ton frère qui a tué ! »

La contribution protestante à notre réflexion je la tire de la nouvelle profession de foi de l’Eglise Protestante Unie : « L’Église protestante unie de France le proclame avec les autres Églises chrétiennes. Sur la lancée de la Réforme, elle annonce cette bonne nouvelle : Dieu accueille chaque être humain tel qu’il est, sans aucun mérite de sa part. Dans cet Evangile de grâce, au cœur de la Bible, se manifeste l’Esprit de Dieu. Il permet à l’Église d’être à l’écoute des textes bibliques et de se laisser conduire par eux au quotidien. »

Maintenant je vous propose en conclusion de tenir compte que la frontière ne passe pas entre nous, ni entre nos fois, ni entre le nom que nous donnons au Créateur, ni à la façon dont s’exprime notre pratique religieuse, ni même à notre référence ou non au Livre.

La frontière passe entre la capacité ou non que nous avons à admettre des avis différents du nôtre : A accepter que nos pensées ne soit pas les pensées de Dieu nos voies ne soient pas ses voies2.

En bref la frontière sépare la tolérance du fondamentalisme qui lui n’accepte pas, non pas la remise en cause de la vérité de sa foi, qui elle est par principe éminemment respectable, mais la contestation de son appréhension de la foi qu’il prétend défendre, et cela dans toutes les croyances religieuses, protestantisme compris.

C’est l’existence de cette frontière qui fragilise l’universalité de la pensée religieuse…


Introduction au chant :

Quand les hommes vivront d'amour.... («  Les trois grands »)

https://www.youtube.com/watch?v=cZfDRQ_kKOw


La fraternité humaine est une réalité : des frères peuvent avoir des relations distendues, ils n'en restent pas moins des frères.

Qu'ils vivent cette fraternité est une espérance, pour certains une utopie, une folie.

C'est pourtant un élément de notre foi, or la foi, c'est la réalité de ce qu'on espère, l'attestation de choses qu'on ne voit pas. »

Ou peut-être pas encore....

Quand les hommes vivront d'amour....

1 cor 13 2 et 3

Esaïe 55-8


  5- La Fraternité pour la Paix, dans le Bouddhisme,

par Isabelle Vincendon, responsable du Centre Culturel Bouddhiste de Cergy.

 

Il y a environ 2600 ans, Le Bouddha a obtenu l'éveil. Il a ensuite passé le reste de sa vie, à partager son expérience du chemin spirituel. A sa suite, les maîtres transmettent à leurs disciples les méthodes qu'ils ont eux même mise en pratique. Ainsi, Shantideva, un grand saint et érudit indien inspire avec ses vers depuis le VIIième siècle, les pratiquants dans le monde entier. En voiçi un extrait :


« Si l'on considère les bras et les jambes

Commes les membres du même corps,

Pourquoi ne considère-t-on pas les êtres

Comme les membres du monde? » Shantideva


Lorsque l'on marche sur une épine, la main se baisse pour la retirer du pied. La maim n'hésitee pas. Elle ne pense pas : « Pourquoi le pied ne le fait-il pas ? Cela me coute de l’aider. » Pourquoi la main aide-t-elle le pied si naturellement? Parce qu’lls font partie de la méme unité, le corps.

De méme, si l’on considère que tous les êtres font partie d’une unite — l'humanité —, nous serons heureux de les aider, car en les aidant nous aidons une autre partie de l’unité plus vaste à laquelle nous appartenons. Au lieu de nous voir comme des étres Independants. nous comprenons que nous sommes Interdependants comme les membres d'un même corps.

L’aide que nous apportons est alors dénuée de toute fierté. Lorsque la main aide le pied, elle ne pense pas : « Je suis géniale ! Regardez-moi. J ’ai fait tant de sacrifices pour ce pied. J ’espere que le pied apprecie ce que J’ai fait pour lui ! » La main se contente d’aider. Sans vanite ni condescendance.

De même, nous n’avons pas a nous vanter de ce que nous faisons pour les autres. Si l'on s'habitue à l'idée que nous faisons partie d'une unité de vie, de l'humanité, aider les autres sera aussi simple que s'aider soi-même.


En contemplant sans relache l'égalité entre soi-même et autrui il est possible d'éliminer l'égoïsme de notre continuum mental. Lorsqu'on allume la lumière dans une pièce, l'obscurité disparaît aussitôt. De même lorsque les interprétations et les conceptions erronées de notre approche égocentrique sont mises au jour par notre comprehension profonde, l'attitude égoiste disparaît. Si nous nous familiarisons assidûment avec une attitude altruiste, cette dernière deviendra aussi naturelle que notre égoïsme d'aujourd'hui.


Nous Bouddhistes, avons conscience que nos habitudes, et nos tendances naturelles, nous poussent à l'égoisme mais nous comprenons que cette attitude est en désaccord avec la réalité. Et comme le dit si bien Shantideva

De même que par habitude,

J'applique l'idée de moi à ce corps dénué de moi,

Pourquoi, par habitude également,

Ne l'appliquerais-je point aux autres êtres?


Méditation :


Des lors que les autres et moi-même,
Nous aspirons au bonheur pareillement,
En quoi serais-je différent d'eux au point
De ne faire effort que pour mon seul bonheur?

Dans la mesure où les autres et moi-même,
Nous fuyons pareillement la souffrance,
En quoi serais-je assez différent
Pour ne pas protéger moi seul et non eux tous?



Musique :

https://www.youtube.com/watch?v=_xQAEJfCka4

Sutra du cœur – Prajna Paramitha Hridaya.

 


Puis les responsables se lèvent et lisent une déclaration commune, de façon  alternée.

Image

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Responsables religieux de Cergy, au nom de nos communautés,


Nous sommes rassemblés autour de notre croyance commune en un Souffle et une transcendance.


Nous nous appuyons sur une foi qui conduit notre vie et sur la morale qui en est issue.


Nous déclarons à la lumière de notre foi que les liens entre les humains sont régis par les principes


d'égalité et de fraternité, principes promus par la République française.


L'autre mérite d'être traité comme un autre moi-même.


Quelle que soit notre foi, elle confirme ce principe.


La fraternité ne crée pas un lien de domination entre nous et l'autre.


Elle nous invite à partager nos convictions en respectant les valeurs de l'autre.


Nous voulons construire avec ce frère et cette sœur en humanité, semblables et différents à la fois,


un monde harmonieux où chacun a sa place, dans le respect de la diversité et la tolérance.

-----------------------------------------------------------

 

Des jeunes viennent les rejoindre et lisent avec eux. Image

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 
< Précédent   Suivant >
Joomla! is free software released under the GNU/GPL-License.
Joomla Template Design Copyright Kanga Internet 2008