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* Administrateur de Religions pour la Paix
Recteur honoraire de l’I.C.  de Toulouse
Professeur à l’Institut Catholique de Paris

 

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Mon pseudo dans le forum est "Fille du vent". Voici mon témoignage : 

L'ancêtre dont je témoigne : mon grand-père, sujet britannique engagé dans la Légion étrangère (comme le Dernier Poilu, récemment disparu), « tué à l'ennemi » à 28 ans le 28 septembre 1915, dans le secteur de Souain.

Mon témoignage veut d'abord souligner que mon grand-père était étranger; rien ne l'obligeait à aller combattre. Il était persuadé que c'était son devoir. Tout ce qu'il entendait à ce moment là lui en faisait une obligation morale.

Son frère, engagé en même temps que lui, mais ayant survécu, nous a raconté certains épisodes : mon grand-père a été gazé trois fois, il s'est trouvé enterré vivant une fois, par la terre projetée par une explosion. C'est son frère qui l'a sorti de là.

Mon grand-père avait un compagnon de tranchée qui était sud-africain; cet ami lui a donné des souvenirs de chez lui, dont un petit canif, qui a été renvoyé à ma grand-mère avec quelques autres objets. C'était une consolation de penser qu'il y avait de l'amitié autour de lui.

La mort de ce grand-père a laissé des traces cruelles dans ma famille : une veuve sans métier, devant élever seule ses trois enfants.

La pension de veuve de guerre, assortie d'un emploi comme gardienne d'enfants dans une école, ont juste permis de survivre. Ma mère et sa soeur n'ont pas souvent mangé de la viande. Ma mère a travaillé aussitôt le Certificat d'études obtenu.

Pour ma mère, ce qu'elle a transmis à ses enfants, c'est la douleur très vive qu'elle a éprouvée de ne pas avoir connu son père : il était parti juste après sa naissance... Elle et sa soeur (le frère aîné est mort un an après le père) se sont posé toute leur vie la question de savoir pourquoi ni leur mère, ni elles, n'avaient pu retenir leur père. Pourquoi était-il parti à la guerre ?

Dans notre cuisine, la bayonnette de mon grand-père et son képi étaient accrochés à côté des casseroles. Tous nos repas se prenaient sous ces objets. Il était interdit d'y toucher ou d'en parler; ils représentaient l'absence sacrée du grand-père dont on ne parlait pas.

De la même façon, nous ne devions pas prononcer les mots « allemand », « Allemagne ».Jamais je n'ai prononcé ces mots en présence de ma grand-mère ! 

Ce n'est que lorsque j'ai eu moi-même des enfants que j'ai décidé que ça avait assez duré et que j'ai participé avec ma famille aux rencontres de jumelage avec la ville d'Erkrath . J'y ai trouvé de vrais amis.

 

 
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