2026-09-28 – De Metz, un appel à faire grandir l’espérance

Le 28 septembre 2026, Metz a été le lieu d’une rencontre exceptionnelle : des représentants de différentes traditions religieuses se sont retrouvés autour du pape Léon XIV pour porter ensemble un message de paix, de fraternité et d’espérance.

En tant que président de l’association Souffle et Chemins, j’ai eu l’immense privilège d’être convié à cette rencontre. Au-delà de l’émotion et de la joie d’y participer, je souhaite partager ce qui m’en semble être l’essentiel : un appel à ne pas nous résigner face aux fractures de notre monde, mais à choisir résolument la rencontre, le dialogue et la fraternité.

L’Appel de Metz part d’un constat lucide. Notre monde est marqué par la multiplication des guerres et des violences, le creusement des inégalités, les fragilités écologiques et les bouleversements technologiques qui interrogent nos repères et nos valeurs.

Mais cet inquiétant constat ne conduit pas au découragement. Au contraire, les responsables religieux réunis à Metz affirment une responsabilité commune : être des veilleurs, attentifs à la dignité de chaque personne et au soin de l’autre, et agir ensemble pour la paix, la fraternité et la réconciliation.

Cette responsabilité est particulièrement importante dans nos villes et nos quartiers, là où les différences culturelles, philosophiques et religieuses font partie de notre quotidien.

Dans son discours, le pape Léon XIV a livré une parole qui résonne profondément avec la vocation de Souffle et Chemins. À Metz, ville de frontières et de passages, il a évoqué la figure de Robert Schuman, capable de transformer d’anciennes lignes de fracture en « ponts d’espérance ». Il nous a rappelé que, par-delà les frontières, il est toujours possible de se rencontrer, de construire l’amitié et de bâtir la paix.

Le dialogue interreligieux n’est donc pas une simple démarche de courtoisie. Il ne consiste pas à gommer nos différences ni à renoncer à nos convictions. Dialoguer, c’est oser aller à la rencontre de celui qui est différent, sans craindre de perdre son identité.

Le pape Léon XIV nous invite ainsi à considérer l’altérité non comme une menace, mais comme une promesse.

L’un des enseignements les plus forts de cette rencontre est peut-être celui-ci : la paix ne se construit pas seulement dans les grandes déclarations. Elle commence au plus intime de chacun.

L’Appel de Metz nous rappelle que le dialogue, la prière, la méditation et les différentes formes de pratique spirituelle peuvent ouvrir des chemins de paix. Mais ils nous invitent aussi à désarmer en nous-mêmes ce qui nourrit le rejet, la peur ou la haine de l’autre.

Le pape Léon XIV le souligne avec force : aucune violence ni aucune oppression ne peut être légitimée au nom de Dieu. Les traditions religieuses ont au contraire la responsabilité de « désarmer les cœurs et les mots » et de servir la paix, la fraternité et la vie. Cette parole nous concerne tous.

À Metz, les responsables religieux ont pris trois engagements : poursuivre un dialogue exigeant, transmettre aux jeunes générations une meilleure connaissance mutuelle des traditions et se tenir ensemble, y compris dans l’adversité, au service de la justice et de la paix.

Ces engagements rejoignent profondément la raison d’être de Souffle et Chemins.

Car le dialogue interreligieux ne doit pas rester réservé à quelques rencontres institutionnelles. Il se construit dans la proximité, dans l’écoute, dans la connaissance mutuelle, dans les initiatives communes et dans les liens d’amitié qui se tissent patiemment.

Il commence lorsque nous acceptons de faire un pas vers l’autre.
Il devient fécond lorsque nous découvrons que nos différences peuvent devenir une richesse pour construire ensemble.
Et il devient véritablement porteur d’espérance lorsque, malgré les tensions et les blessures de notre époque, nous décidons de ne pas céder à la peur.

L’Appel de Metz souhaite devenir une « boussole d’espérance ». Il nous rappelle qu’aucune paix durable ne peut se construire sans l’autre, ni contre lui. C’est cette espérance que nous souhaitons continuer à faire vivre à Cergy et dans notre agglomération.

Une espérance qui n’est ni naïve ni abstraite. Une espérance qui se traduit par des rencontres, des paroles échangées, des préjugés dépassés, des amitiés qui naissent et des projets construits ensemble.

Ne pas avoir peur de l’autre. Ne pas renoncer au dialogue. Choisir la fraternité. Et, ensemble, continuer à ouvrir des chemins de paix.

C’est peut-être cela, au fond, la lumière que Metz nous invite à porter plus loin.